Il y a un an, Pierre-Karl Péladeau décrétait un lock-out au Journal de Montréal.
Un mois plus tard, je m’étais rendu avec une collègue pour faire un topo dans le cadre d’un cours universitaire. J’ai l’impression que, malgré l’année qui a passé, ce topo est toujours d’«actualité».
Il y a bien sûr eu la création de RueFrontenac.com , qui connaît depuis un succès sur le web. Et pour prouver qu’ils étaient capables de continuer leur travail, ils ont continué a couvrir l’actualité. Les employés en lock-out ont ensuite créé une application iPhone pour leur site web, et présentement, ils offrent aussi une version «papier» en format PDF.
Il est aussi à noter que depuis que les employés du Journal sont en lock-out, ils critiquent sans cesse Quebecor et Pierre-Karl Péladeau.
dans le cadre de notre cours de télé à l’UQAM, on a fait un topo sur la manifestation des employés en lock-out du Journal de Montréal devant la Caisse de dépôt et placement du Québec.
en passant, voici le site de protestation (et d’information) des employés en lock-out du JdeM: RueFrontenac.com voici la version patronale du conflit sur: L’heurejuste.ca
p.s. je ne ferai plus jamais de topos fatigué comme ça !! c’était l’enfer et j’ai du recommencer mille et une fois mes présentations à la caméra (merci pour ta patience Élise…)
et j’étais pourri dans mes questions… (désolé monsieur Leblanc)
En début de semaine, le Journal de Montréal annonçait en première page un « prix des
parcomètres RÉVOLTANT ». Et d’une façon qui se voulait « subtile », on laissait croire qu’il
fallait en vouloir au maire Gérald Tremblay qui, malgré tout, était en avance dans les
sondages pour les prochaines élections municipales.
Dans l’article qui explique que la population est « étranglée par les parcomètres », on nous
redirige vers le site web du journal où on peut donner son avis quant à savoir si « la ville devrait
baisser les tarifs des parcomètres ». En y jetant un coup d’oeil, on remarque que près de
85% des répondants (30/35), en grande partie vivant à l’extérieur de Montréal, sont
« tannés » des « abus » de la métropole québécoise.
En opposition à cette majorité, il y a environ 15% des internautes qui pensent, au contraire,
que les prix à débourser pour se stationner ne devraient pas être baissés. C’est environ le
même pourcentage qu’on retrouve dans le sondage Léger commandé par le Journal de
Montréal et qui est à la source de l’article publié.
Mais outre le fait que cet article du journal en lock-out, qui est très loin d’être objectif,
représente une idée majoritaire, voyons les deux côtés de la médaille, contrairement à
Mathieu Turbide, cadre du journal qui a signé le tout. Parce que comme le disait Mohandas
Karamchand ‘Mahatma’ Ghandi, « même si vous faites partie d’une minorité d’une seule
personne, la vérité est la vérité ». Donc l’important est ici la « vérité », même si bien sûr
c’est relatif. Essayons donc d’analyser les faits.
Les deux côtés du parcomètre
Admettons de prime abord que les tarifs de stationnement pour certaines zones
montréalaises peuvent être très élevés: jusqu’à trois dollars l’heure. C’est quand même le
tiers du salaire horaire de certaines personnes… Et quand ton souper au resto te coûte cinq
cents de plus la minute, il se peut que tu préfères rester à la maison… ou passer au service
au volant. Il n’y a donc pas seulement les conducteurs qui sortent l’oseille de leurs poches,
mais ce sont aussi les restaurateurs et les commerçants qui en paient le prix.
Il n’y a par contre pas que des désavantages aux frais élevés. Premièrement, la ville de
Montréal ramasse plus d’argent avec les parcomètres: 50 millions de dollars en 2007,
comparativement à 33 millions en 2006 et 25 millions en 2005. (Les revenus de 2008 n’étant
pas encore disponibles. Et en passant, le revenu est plus élevé non seulement à cause du
plus haut tarif, mais aussi à cause de l’ajout de bornes de stationnement ainsi que de
l’élargissement des plages horaires.)
Équilibre et futur
Cependant, est-il possible de concilier le tout ? Aspirations personnelles et enjeux sociaux ? Si oui, il
va complètement falloir changer nos paradigmes. Oublier le fait de toujours vouloir se
rendre quelque part le plus rapidement possible. Être moins pressés. Savoir si
l’environnement dans lequel on vit et qu’on laissera à nos enfants nous tient à cœur, ou si,
de toutes façons, on ne peut rien y faire et qu’il est trop tard.
Mais imaginons un peu le futur. Sachant que la population est de plus en plus nombreuse
et les endroits libres de moins en moins disponibles, il est inévitable de penser à un manque
d’espace pour les véhicules personnels. À moins de passer à des autos beaucoup plus petites, à des
stationnements géants construits en hauteur (ou en profondeur ?), voire à des autos volantes, les
moyens de nous déplacer vont inévitablement changer. Alors même si les voitures
devenaient complètement « vertes », il faudra trouver d’autres façons de se mouvoir.
L’avenue des transports en commun paraît une bonne option, car en plus d’être bonne pour
l’environnement, elle permet d’entrer en contact avec les gens. Fini le temps où on est
seul dans l’auto pendant plusieurs heures par semaine ! (Attention: ces quelques heures
pourraient toujours être passées seules en public…)
Tout en se devant d’être améliorés, les transports en commun sont naturellement à
favoriser. Et pour arriver à les populariser, il ne faut pas que ça en coûte un bras pour les
utilisateurs. Car on sait que malgré tout ce qu’on peut dire, l’argent est un très grand
facteur. Et le gouvernement, s’il veut bien jouer son rôle, doit bien en tenir compte.
en réponse à ruefrontenac.com, lancé par les employés en lock-out du Journal de Montréal, la direction du Journal a décidé elle aussi de se partir un site web.
ce site se veut, comme son nom l’indique, de donner «l’heure juste» sur le conflit à la population.
on y parle notamment de convergence, de l’augmentation du salaire de Pierre Karl Péladeau, des profites du journal et encore plus.
mais en plus de ces informations, on peut retrouver par exemple des réponses de Pierre Karl Péladeau (président et chef de la direction de Quebecor) et de Lyne Robitalle, éditrice du Journal.
voilà un petit truc intéressant qu’on retrouve sur le site de RueFrontenac.com (si vous ne savez pas encore c’est quoi voici un petit vidéo explicatif)
Ad nauseam et redondante. Voilà, dans les mots expressément choisis par Pierre Karl Péladeau, la description de la tâche qu’il croit que nous, réviseurs-correcteurs d’épreuves, abattons au Journal de Montréal. Oui, oui, vous avez bien lu. Notre cher chef d’entreprise croit que nous nous penchons à longueur de journée sur des textes déjà corrigés ad nauseam, que notre job est redondant. Mais où va-t-il chercher ça?
M. Péladeau, vous qui voulez abolir nos postes, c’est avec toute notre science et notre amour du métier que nous allons vous prouver que notre travail au sein de votre compagnie est indispensable. Nous vous proposons aujourd’hui le petit jeu des comparaisons pour que vous réalisiez à quel point il n’est pas vain. Voici deux versions d’un texte dont l’auteur est un cadre du Journal de Montréal. La première est le texte tel que Le Journal de Montréal a osé publier récemment. La deuxième est le texte qui aurait paru si un réviseur de la trempe de ceux de RueFrontenac.com l’avait remanié. Attachez bien votre tuque.
ok trouvez l’erreur: la première image étant visible sur le site de Canoë à 16:40, et la deuxième un peu plus tard.
prise 1, à 16h40:
prise 2, un peu plus tard:
la différence entre les deux, c’est qu’il n’y a plus de photos dans la deuxième version. pourquoi ?
c’est parce qu’on avait initialement mis la photo de Saïd Namouh, qui est supposé avoir des liens avec Al-Qaïda, mais le problème, c’est que c’était une photo de Sidartha Banerjee, un simple journaliste de la Presse Canadienne qui était présent…
comme le dit Steve Proulx dans son blog du Voir, «Ce qui a fait dire à mon collègue du Globe & Mail (qui a réalisé l’erreur): “C’est comme s’il avaient envoyé un photographe au procès juste pour photographier le premier type basané qui sort de la cour. “»
p.s. «ils», c’est l’agence QMI, qui écrit présentement beaucoup d’articles pour Canoë et le Journal de Montréal à cause du lock-out…
on s’y attendait pas mal étant donné les conflits qu’il y a depuis quelques temps au Journal, mais un lock-out est maintenant plus qu’immanent..
voici l’article du Devoir: Vers un lock-out au Journal de Montréal
p.s. lock-out: Fermeture temporaire d’une entreprise par les patrons afin de briser une mouvement de grève ou pour riposter à des revendications syndicales. – Antidote
Ils ont à peine 20 ans et n’ont pas froid aux yeux. Surtout, ils sont prêts à tout pour jouer les agents secrets. Qui donc? Les jeunes loups de l’enquête du Journal de Montréal.
Par Lisa-Marie Gervais
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