Omar Khadr n’est pas canadien

Vous avez probablement déjà vu cette photo d’Omar Khadr.
Mais aujourd’hui, en 2010, après 8 ans de détention à la prison de Guantanamo sur l’île de Cuba, il ne ressemble vraiment plus à ça.
D’origine égypto-palestinienne, Omar Khadr, qui est né à Toronto, est arrêté en 2002 en Afghanistan par des Américains l’accusant de crimes de guerre. Il aurait lancé une grenade tuant alors un soldat américain, mais ce n’est pas confirmé.
Ce qui est par contre sûr dans toute cette histoire, c’est qu’il avait 16 ans au moment de son arrestation. Mais peu importe ce qu’il a fait, il demeure un enfant soldat. Par contre, ce n’est pas sur ce sujet que je veux m’attarder, même s’il est assez important. (Il plaidera finalement coupable le 25 octobre 2010)
Ô Canada
Khadr est le plus jeune détenu qui se trouve dans la prison de Guantanamo, mais c’est aussi le seul «occidental» à ne pas avoir été rappatrié par son pays d’origine, et ce, malgré des appels d’entre autres Amnistie internationale et UNICEF.
Si je mets le mot «occidental» entre guillemets, c’est qu’aux yeux du gouvernement de Stephen Harper, Omar Khadr n’est pas vraiment canadien. Malgré sa nationalité, on le considère définitivement comme «étranger».
Ça me rappelle étrangement la libération de deux diplomates canadiens au Niger en avril 2009. Robert Fowler et Louis Guay ont été libérés «après quatre mois de détention entre les mains de la section maghrébine de l’organisation Al-Qaïda» dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Stephen Harper, après leur libération, s’est dit «grandement soulagé».
(discours du premier ministre canadien sur le site de radio-canada)
Si j’avais une question à poser à monsieur Harper, ce serait pour lui demander si, lorsque Omar Khadr sera libéré, il sera aussi réjoui qu’au moment de la libération de messieurs Fowler et Guay.
Un jour
Omar Khadr risque la prison à vie. Mais à Guantanamo, c’es pire.
Ce jeune enfant maintenant devenu jeune adulte a eu comme adolescence un cauchemar continu que la très grande majorité d’entre nous ne peuvent AUCUNEMENT imaginer.
De la façon dont il aura vécu pendant toutes ces dernières années, je ne m’étonnerais pas si, en sortant, il devenait fou. Les actes qu’il commettrait alors, donnant ainsi malheureusement raison à l’administration américaine, ne pourraient alors que nous décevoir. Nous décevoir pour ce qu’ils seront, mais aussi pour la raison par lesquels ils auront été causés…
-Youssef Shoufan-
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