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Compatibilité entre politique et journalisme

dans la catégorie: canadienne, dans ma tête date:2010 - 01- 19

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Récemment, j’ai eu le goût de créer un groupe facebook intitulé:
le Québec ne votera PAS «conservateur» aux prochaines élections

Le plus intéressant là-dedans? L’échange que j’ai ensuite avec mon ami Joseph Elfassi concernant la compatibilité entre la politique et le journalisme. Il y a aussi Léonard Langlois qui a glissé un petit mot!

Voici ce que ça a donné.

—–

‘Youssef ‘Shoufan

si vous pensiez voter pour lui, enlevez-moi de vos amis Facebook.

BAH!

Joseph Elfassi

t’as la même vision politique que des 3000 amis facebook, Youssef?

Léonard Minh A. Langlois

Je n’aime le parti conservateur pour diverses raisons mais je n’irais pas aussi loin que toi. Nous ne partageons pas tous les mêmes systèmes de valeur. On a raison par rapport à quoi au fond…

Joseph Elfassi

c’est peut-être pas ma place de moraliser, mais en tant que jeune journaliste, est-ce que s’afficher autant anti-Harper (avec autant de véhémence, je dirai) ne nuit pas un peu à une certaine crédibilité et/ou impartialité que tu voudrais démontrer? Question, comme ça, je suis peut-être dans le champ…

Léonard Minh A. Langlois

Je ne pense pas qu’il y ait une telle chose que l’impartialité en journalisme. Les journaux et les médias sur le Web ont tous un parti pris. C’est juste qu’en Europe on le sait mais ici en Amérique on semble croire que l’objectivité journalistique puisse exister. Je ne crois pas à l’objectivité en dehors de la science, et encore, tout est corruptible. Disons en termes clairs que l’objectivité de la science doit surement dépasser celle du journalisme (mi-objectif, mi-subjectif) et de la politique (presque entièrement subjectif car sur le socle d’une idéologie)

‘Youssef ‘Shoufan

@Joseph: Tous les journalistes sont des citoyens qui votent: est-ce que parce qu’on connait publiquement leur opinion qu’à ce moment, ils ne sont plus crédibles?

Je pense que si nous répondons oui à cette question, nous sommes hypocrites.

Ma crédibilité journalistique va bien au-delà de mes opinions politiques!

Joseph Elfassi

D’abord, je n’ai jamais dit qu’un journaliste n’était pas citoyen ou que l’objectivité était absolue. En journalisme, selon moi, l’objectivité se façonne à travers la rigueur dans la recherche d’informations.

Ceci dit, Youssef, c’est juste que s’afficher autant contre quelqu’un pourrait te priver d’entrevues dans le futur, à cause d’un biais trop évident.

Peut-être que je me trompe. Peut-être que le journalisme politique ne t’intéresse pas (genre, avoir des entrevues avec nos leaders). Peut-être que ces leaders ne feraient pas la recherche qui révélerait ces faits pas si incriminant.

Peut-être, en effet, que je capote pour rien aussi.

‘Youssef ‘Shoufan

Au contraire, le journalisme politique m’intéresse pas mal!

Mais bon, tu dois savoir qu’essayer d’avoir des entrevues avec des conservateurs (et pour l’avoir déjà essayé moi-même), c’est déjà une farce!

Et c’est sans parler de toute leur censure qui est exercée.

Mais t’as quand même raison de dire que je m’expose à certains risques, mais j’en suis conscient et lucide alors j’assumerai parfaitement les conséquences.

p.s. échange tiré de Facebook

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  • La réflexion qui me viendrait, en lisant un de tes articles qui viendrait sur le terrain politique c'est:

    "Ouais, mais Youssef il est à peine capable de contrôler son opinion. C'est un militant qui monte des groupes Facebook aux propos assez peu nuancés. Pourquoi et comment pourrais-je croire qu'il est capable de faire des nuances et de vraiment laisser parler tous les côtés dans cet article alors qu'il ne le fait pas dans le reste de sa vie ?"

    Et comme la politique, c'est dans tout et partout, surtout au Québec, ben... oups.

    Je ne demande pas à mes journalistes de faire semblant qu'ils n'ont pas d'opinion. Je leur demande simplement de garder une distance saine qui prouve leur capacité à être des observateurs de qualité.

    Je ne suis pas un paragon de la neutralité. On sait où je loge. En fouillant tout ce que j'écris dans mes temps libres, on constate rapidement que je suis un indépendantiste de gauche. Mais mon expression est modéré.

    Par contre, suite à mon implication dans l'UQAMothon, je suis bien mal placé pour écrire des articles sur le financement des universités.

    Parce que je loge très clairement quelque part et parce que je l'ai dit à tout le monde et de façon très carré, de un.

    Mais aussi parce que j'ai... comment dire... complètement "pollué" mon esprit sur le sujet. La "neutralité" (notez les guillemets indiquant la toute relativité du terme), c'est aussi une question de discipline personnelle. C'est aussi pour soi-même qu'il faut garder une saine distance.

    Être journaliste, c'est être un témoin actif. Pas un acteur témoin. Pas pour être fancy ou pour une recherche de la pureté. Juste parce qu'en bon journaliste, il faut se méfier de tout. À commencer par notre propre personne. Et on ne peut pas se faire confiance quand on s'enfonce trop d'un côté ou de l'autre d'une histoire.
  • Youssef
    merci Mathieu pour ce commentaire.
    je pense en effet que tu as raison lorsque tu dis que si nous nous enfonçons trop d'un côté, nous ne sommes plus si crédibles que ça, principalement avec nous mêmes.

    tu sais probablement que je n'aime pas Quebecor et tout cet empire. Par contre, lorsque Vidéotron a décidé d'offrir des appels gratuits en direction d'Haïti pour ses clients après le sinistre du 12 janvier, j'étais le premier à féliciter la démarche!
    http://journal.mysteryoussef.com/2010/01/14/hai...
    comme quoi il faut rendre à César ce qui appartient à César, peu importe les arrière-pensées qui peuvent finalement s'avérer être partisanes ou égoïstes...

    Enfin, je ne peux m'empêcher de penser à cette citation d'Albert Camus, auteur et philosophe, mais aussi journaliste:
    «Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti.»

    Ça revient à ma question initiale: est-ce que c'est simplement parce qu'on connait publiquement l'opinion de quelqu'un qu'on lui fait alors moins confiance dans son «objectivité»? Je pense que si nous répondons oui à cette question, il faudra aussi assumer sa propre hypocrisie.
  • Michel Pépin
    L'objectivité c'est PE un objectif impossible mais que les journalistes doivent tenter d'atteindre. Plus un journaliste est "objectif" moins il travaille, lol.
    Quelqu'un a déjà dit: "Informer, c'est choisir". Personnellement, je préfère un journaliste qui est honnête avec ses lecteurs en laissant connaître ses opinions personnelles; qu'un "journaliste-pute" qui prétend être objectif tout en travaillant pour un journal orienté politiquement.
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