carnet 2 – de Casa à Ouaga
Casablanca
Malgré le décalage de trois heures de mon avion à Montréal, j’ai réussi à courir pour devoir finir mes bagages! Et à l’aéroport, j’étais le dernier de mon vol à enregistrer ses valises: après mon passage, ils ont fermé le kiosque de Royal Air Maroc! Un jour je vais vraiment la manger en pleine face…
On part finalement pour Casablanca. Quelques heures en avion. Pendant le trajet, le pilote s’excusera au moins mille fois du délai! Mais plus il rappelait que l’avion était en retard… plus on s’en rappelait! Ha ha. On commence par le souper. Du bon tofu pour ma part. Miam miam. Ça aidera à accompagner la malarone, cette pilule qui doit être prise à tous les jours, environ à la même heure, pour prévenir le paludisme. Ou la malaria si vous préférez. Combien coûtent ces pilules? 80 comprimés pour environ 400 dollars. C’est vraiment fou. Vivent les assurances…
On arrive enfin à Casa (11h am, heure locale), et puisque notre vol pour Ouagadougou n’est que vers 23h, nous avons une chambre réservée pour la journée. Alors que les filles de mon groupe décident de visiter la ville, je choisis pour ma part de rester profiter de la piscine et de relaxer. En plus, j’ai déjà visité le Maroc et je repasse par Casablanca à notre retour.

photo-shoot avec un chat à Casa
Ouagadougou
Quelques autres heures d’avion, pendant la nuit, pour finalement arriver en territoire sub-saharien. Il pleut et c’est la première vraie pluie de la saison. On nous dira plus tard que nous l’avons amenée avec nous
Et grâce à celle-ci, la température ambiante est plus fraîche. Combien de degrés Celcius? «Seulement» 22! Un homme derrière moi me raconte qu’il avait parlé à sa famille burkinabée pendant la journée et qu’elle lui avait dit qu’il faisait vraiment chaud au pays. Je lui demande combien, en semi blague, et il me répond par un simple: «TRÈS chaud…»
Notre accompagnatrice Flavie, qui préparait notre arrivée la semaine d’avant, nous attendait à l’aéroport. Le plus petit et le plus pauvre que j’ai jamais vu: la pluie ne faisait pas seulement baisser la température de l’air, mais aussi la qualité de l’aéroport. La pluie passait en effet à travers le toit, pour créer une flaque d’eau vraiment grande recouvrant toute la largeur du corridor d’une quinzaine de mètres menant vers la sortie. Il est alors possible de passer en son milieu comme le fait la majorité des gens en sandales, ou en longeant le mur sur la pointe des pieds pour éviter le plus possible d’être mouillé…
Des chauffeurs nous amènent vers un couvent situé au centre-ville de la capitale où nous passerons notre court séjour à Ouagadougou avant de se rendre à Banfora où nous ferons notre stage. Comme nous sommes arrivés tard la nuit, nous n’avons presque rien vu de la ville. Sauf peut-être les geckos vraiment hots qui courent partout!
Il fait vraiment chaud dans la chambre où Maxime et moi dormons, mais au moins il y a un ventilateur. Et c’est quand même assez luxueux. On finit par assez bien dormir!
Madi, 6e année
Le lendemain, on part pour notre premier repas au pays. Dans la ruelle à la sortie du couvent, j’aperçois un homme qui travaille sur les pieds d’un client. Mais il fait trop chaud et ce client porte des sandales; il n’est donc pas en train de cirer ses chaussures. L’homme qui travaillait était en fait en train de nettoyer les pieds et de couper les ongles de son client…
On arrive un peu plus tard au restaurant, et on commande quatre sortes d’assiettes qu’on partagera. Riz, sauce aux arachides, oignons caramélisés, légumes (et de la viande pour les sept autres). Accompagné d’un bon Fanta orange, c’est un superbe repas. «Dommage» que ce soit un resto sénégalais pour notre première expérience culinaire au «pays des hommes intègres»!
Au retour vers le couvent, j’aperçois dans la ruelle d’à côté quatre garçons regroupés. Je commence à parler avec eux (la majorité parle français), et ma conversation avec leur «leader» va comme suit:
- Salut! Comment tu t’appelles?
- Madi
- Vous habitez ici les quatre?
- Pas loin
- Tu as quel âge?
Et BANG. Ses trois amis commencent à rire de lui alors qu’il ne sait quoi répondre. J’ai posé la mauvaise question. J’ai eu un mauvais réflexe. En fait, il faut savoir que contrairement au Québec, les enfants ne savent pas tous ils ont quel âge. On me l’avait déjà dit, mais j’ai oublié. Je demande malgré tout aux trois autres pourquoi ils rient. «Il n’a pas son acte de naissance!» Pour essayer de me racheter, je lui dit que ce n’est pas grave et lui demande il est en quelle année. Madi me répond qu’ils sont tous dans la même classe de sixième année. C’est vrai qu’ils avaient l’air d’avoir 11-12 ans…
Mon attention se tourne vers:
- le fait que ça ne sert à rien de recycler et de faire attention à l’environnement en Occident si on ne fait rien en même temps pour aider les pays en voie de développement qui polluent vraiment beaucoup: on vit sur la même terre et la même atmosphère après tout…
- il y a d’ailleurs un million de motos ici. Vraiment! Avec l’auto et les bicyclettes, c’est un moyen de transport très utilisé. Pas mal polluant aussi…

motos à Ouaga
- le prix d’une moto tourne autour de 1000$. le gaz coûte beaucoup plus cher proportionnellement par contre: plus d’un dollar le litre… et 1 dollar, c’est environ 400 francs CFA, la monnaie du Burkina Faso. Pour vous donner une idée, un souper au resto coûte dans les 2000 francs, donc 5$. Une bière de 66cl (he he, merci au système métrique) coûte environ 600 francs, donc 1,5$ L’eau, quant à elle, coûte 1$ le litre en moyenne. Moins si elle n’est pas froide.
- il faut boire l’eau froide rapidement: elle devient chaude très vite avec la température qu’il fait! L’inverse est bon pour la nourriture cuisinée: elle reste chaude très longtemps!
- les températures? Entre 25 et 30 la nuit, entre 35 et 45 le jour. C’est chaud. Mais on s’habitue… Et il y a la sieste entre 1h et 3h de l’après-midi, pendant les heures les plus chaudes: j’adore ça
- beaucoup d’autres choses encore
Qu’est-ce?
L’eau en sachet? Le bouillon de viande? La pilule contre la malaria? La fatigue? Les ustensile mal lavés? Ma brosse à dent que je nettoie avec l’eau du lavabo? Une piqure de moustique? Ou alors une combinaison de tous ces facteurs? Tellement d’options que ça ne valait pas la peine de perdre mon temps à trouver pourquoi j’ai été malade. Mais même si c’était vraiment pénible entre 22h et 4h du matin de ma troisième nuit en Afrique de l’Ouest, c’était au moins réglé dès le lendemain… Et j’espère aussi que mon estomac est bien prêt pour tout le reste du voyage…
(C’est drôle parce qu’on avait joué au jeu des prédictions de qui allait tomber malade en dernier, et une des stagiaires, Marie-Pier, avait prédit que ça allait être moi! Ha ha! Dans tes dents Marie-Pier!)
Enfin, pour les derniers jours à Ouagadougou, nous visitons un peu la ville, et nous sommes aussi allés aux bureaux d’Oxfam-Québec et de l’Ambassade du Canada. On a aussi visité le musée national du Burkina dans lequel il y a une exposition extrêmement intéressante sur les masques. Mais comme ce message commence à être pas mal long, je vous garde les explications sur les masques pour un autre moment. Ah oui. Je vous parlerai aussi des cousins de plaisanterie. C’est VRAIMENT hot.
Pour l’instant, on part pour Banfora, qui se trouve à 7-8 heures de bus au sud-ouest de Ouagadougou. Là-bas, nos familles d’accueil nous attendent, et nous commenceront tout de suite notre stage à la radio.
Un merci sincère pour la lecture.
À bientôt.
-Youssef Shoufan-
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