dans un de mes cours à l’UQAM, je devais faire un article et je l’ai finalement fait sur la procrastination. j’ai donc eu une entrevue avec le très sympathique René-André Hervieux. voici ce que notre discussion sur la procrastination a donné… (et ça pourrait vous remonter le moral !)
Un problème ?
La procrastination est la tendance à remettre à plus tard, et ce n’est peut-être pas un défaut. C’est du moins ce que pense René-André Hervieux, qui fait présentement des études doctorales sur la procrastination.
« On s’aperçoit que parfois ce n’est pas un problème et que parfois c’est plutôt une difficulté. Je n’ai pas une vision pathologique de la procrastination. Il y a tout un discours que la psychologie amène quant à percevoir le phénomène comme négatif. Je me distingue de ça en disant: ”Attention, c’est une question des ordres de priorité”. Le temps est partagé selon des ordres de priorité, selon diverses sphères de vie avec lesquelles on doit composer quotidiennement. »
Pour certaines personnes, visionner un film ou aller boire une bière est plus important que de terminer un travail d’école. Or, tout est une question de points de vue et de priorités. Monsieur Hervieux pense donc qu’il faut voir le verre à moitié rempli plutôt qu’à moitié vide lorsqu’on parle des procrastinateurs. Le doctorant essaie parfois d’amener les gens à accepter leur procrastination plutôt qu’à la confronter. Comme par exemple un insomniaque qui serait capable de profiter de son problème et d’en tirer avantage.
Pour René-André Hervieux, la procrastination peut alors être quelque chose d’efficient, qui peut constituer une forme de stratégie, efficace ou non, qui permet de passer à travers les choses moins intéressantes. « Ça peut donner de la ”drive” à quelqu’un pour compléter un travail plus rapidement. Ceci étant dit, les recherches démontrent que souvent, les procrastinateurs donnent autant d’effort (nombre d’heures) sur un travail, mais en concentrant intensivement ces efforts juste avant la date butoir. Alors, ils réussissent, dans la mesure qu’on arrive dans les temps prescrits… »
Mais même pour quelqu’un qui remet un travail en retard, monsieur Hervieux reste optimiste pour celui-ci, dans la mesure où il assume la perte de points. « Il faut savoir où on veut répartir notre temps. À la place d’avoir étudié pour un examen, on peut être sorti avec des amis, et avoir rencontré l’idylle de sa vie… ». Cela pose aussi une question de normes et de morale.
Enfin, le doctorant rappelle qu’il faut savoir ce que l’on veut: « Est-ce que je veux A++ dans un examen ou est-ce que pendant ce temps (les études), je m’implique dans autres chose, pour développer d’autres compétences? »
Les « solutions »
Le futur docteur, qui est aussi conseiller d’orientation et psychothérapeute, travaille surtout à l’UQAM. « Principalement, les gens viennent pour des problèmes d’orientation, et très souvent (mais pas toujours), il peut se cacher derrière ça autre chose. Dans notre époque hyper moderne, on a un étudiant qui a des niveaux d’engagement qui pour moi m’épatent. Il est parfois engagé politiquement, il est marié, il travaille. Il fait beaucoup de choses. On lui demande beaucoup et on lui demande de gérer des priorités qui parfois ne sont pas toujours évidentes à garder. »
Même si monsieur Hervieux insiste pour dire que la procrastination n’est pas toujours un problème, il est conscient que pour quelques uns c’est un vrai désagrément. Il y aurait alors quelques façons de s’améliorer.
Plusieurs stratégies sont envisageables. Entre autres, utiliser des approches relationnelles comme le travail en équipe. Ou encore travailler dans un endroit qui nous faciliterait la tâche. Pour le travail lui-même, le psychothérapeute conseille de découper une grosse tâche en plusieurs petites qui sont plus faciles à réaliser. Ou encore se faire une liste de choses qu’on veut faire, et l’écrire sur des petits papiers qu’on place à des endroits qu’on va regarder souvent. Mais monsieur Hervieux déconseille l’agenda : le procrastinateur ne le regardera pas. Enfin, il ne faut pas oublier non plus qu’il faut « être gentil avec soi-même, savoir qu’on ne va pas tout faire ».
Et voilà, maintenant vous pouvez ajouter ces conseils dans votre agenda, ou plutôt sur une petite liste…
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